Rapport thématique

Perspective écononomique sur le développement des
tout-petits

Les connaissances scientifiques montrent que la petite enfance est une période de choix pour investir. Des études en science économique ont établi que chaque dollar investi dans le développement des compétences pendant la petite enfance génère des gains éducatifs, sociaux et fiscaux souvent bien supérieurs à ceux qui seraient obtenus si l’investissement était réalisé plus tard au cours de la vie. Ainsi, investir durant la petite enfance est non seulement souhaitable pour le développement des tout-petits, mais compatible avec une gestion responsable des ressources publiques axée sur la prévention et l’atteinte d’une prospérité collective durable.

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L'effet domino des investissements en petite enfance

La petite enfance est déterminante dans le parcours d’une personne. C’est durant cette période que se construisent les fondations de la réussite éducative, de la santé et du bien-être. Autant d’atouts pour que les tout-petits puissent devenir des citoyens épanouis qui participent activement à la société. Ainsi, dès la grossesse et tout au long de la vie, les investissements en petite enfance peuvent entraîner des répercussions positives sur les personnes tout en contribuant à la prospérité collective.

Investissements en petite enfance

Investir pour soutenir les parents dans leur rôle ou agir précocement pour atténuer les difficultés développementales, par exemple, permet de mettre en place des conditions favorables au développement du plein potentiel des tout-petits.

Développement du plein potentiel

Ces conditions favorables augmentent les possibilités d’acquérir les compétences nécessaires pour la maternelle. Cela peut se traduire chez les tout-petits par une plus grande confiance et de la curiosité envers les nouveaux apprentissages, par exemple.

Égalité des chances

Les acquis des premières années de vie, combinés à une transition harmonieuse vers l’école, favorisent l’égalité des chances dès le début du parcours scolaire. Ils contribuent également à la persévérance scolaire et à l’augmentation des chances d’obtenir un diplôme.

Performance économique

Un diplôme permet d’accéder à des emplois mieux rémunérés et ainsi de subvenir à ses besoins et d’être en mesure de faire des choix, tout en contribuant à la richesse collective. Certaines dépenses publiques peuvent alors être réduites, comme les prestations d’assurance-chômage et de dernier recours ou les coûts en services sociaux et de santé. Il est alors possible de réinvestir ces sommes dans des actions préventives.

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Le saviez-vous?

Investir en petite enfance est efficace et rentable. Cela permet, entre autres, de réduire des coûts qui pourraient apparaître plus tard dans la vie. Ces dépenses dites « de rattrapage » deviennent inévitables une fois les difficultés installées (ex. : les coûts des services de soutien en milieu scolaire ou en santé et services sociaux).

Les investissements en petite enfance permettent d’intervenir en amont, de sorte que le risque que des difficultés se présentent ultérieurement est réduit, contribuant ainsi à limiter le recours à des interventions plus lourdes et plus coûteuses plus tard dans la vie.

Les conditions pour
maximiser les retombées
des investissements

La qualité des programmes et des services

La qualité est un déterminant central du retour sur investissement des politiques, des programmes et des services en petite enfance. Elle inclut, entre autres, la qualification et les compétences des personnes qui interviennent auprès des familles et des enfants, de même que des mesures de suivi.

L’adéquation entre les services et les besoins des familles

Des services et des programmes adaptés aux besoins permettent de tenir compte de la variété d’enjeux vécus par les tout-petits et leur famille. L'adéquation entre l'intensité du soutien offert et les besoins des familles demeure une composante essentiel pour favoriser l’égalité des chances.

L’accessibilité des services

L’accessibilité exige la mise en place de mesures pour assurer que les tout-petits et leurs parents puissent profiter des services et programmes offerts. La présence de barrières peut limiter les retombées des services.

La collaboration intersectorielle

La collaboration intersectorielle favorise la cohérence, la complémentarité et la continuité entre les actions des différents partenaires qui gravitent autour des tout-petits et de leur famille. Les rendements sont maximisés lorsque les investissements sont coordonnés dans le temps et entre différents secteurs, plutôt que mis en œuvre de façon isolée.

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Des pistes de solution

Le milieu de la recherche, les grandes organisations de santé et de défense des droits de la personne de même que les intervenants auprès des familles ont relevé des pistes de solution efficaces ou prometteuses pouvant orienter l’allocation des ressources publiques.

  • Faire de la prévention une priorité devient un impératif à la fois social et économique. Le potentiel économique des investissements préventifs, comparativement aux dépenses curatives, a été scientifiquement établi. De plus, dans le contexte actuel où la pression sur le réseau de la santé et des services sociaux et celui de l’éducation ne cesse d’augmenter, investir en petite enfance pour prévenir certaines difficultés évitables, pourraient permettre des économies et la réduction de la demande de services.
  • Assurer un financement suffisant, stable et récurrent constitue un levier important pour assurer la qualité et l’accessibilité des services, notamment. Un financement pérenne bénéficierait à l’ensemble du secteur de la petite enfance, qu’il s’agisse des programmes publics, du réseau des services de garde éducatifs ou des organismes communautaires.
  • Consolider les programmes éprouvés maximiserait leurs retombées. Le Québec dispose d’acquis substantiels en matière de politiques en faveur de la petite enfance. Des programmes ont fait leurs preuves, mais peuvent encore être optimisés pour les rendre plus efficients en misant sur les forces du milieu telles que l’engagement de l’écosystème en petite enfance et l’expertise solide des personnes et des organisations.
  • Renforcer les capacités de mesure et d’évaluation consoliderait les processus d’amélioration continue dans une perspective d’apprentissage organisationnel et d’optimisation des actions publiques. L’évaluation gagnerait à être intégrée dans les pratiques à tous les paliers d’action (provincial, régional et local) afin de soutenir la prise de décision stratégique et l’adaptation des interventions sur le terrain.

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Les enfants dépendent entièrement des choix que font pour eux les adultes. Les décisions prises aujourd’hui en matière d’investissements en petite enfance auront des effets durables sur les enfants qui grandissent aujourd’hui, sur les familles qui les entourent, sur la société qu’ils contribueront à bâtir et sur les générations qui leur succéderont. C’est toute la raison d’être de ce rapport : éclairer nos choix.
Julie Cailliau, directrice de
l’Observatoire des tout-petits

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